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La révolution numérique par l'école

À l'heure où la démocratisation numérique bat son plein, l'école entend saisir les opportunités offertes par les nouvelles technologies. Pour cela, le président de la République lançait en septembre dernier le grand plan numérique pour l'école. Najat Vallaud-Belkacem, Ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche revient sur les modalités et les enjeux de ce dispositif.

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Faire de la France le leader mondial de l'e-éducation

Najat Vallaud-Belkacem, Ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche

Quels sont les principaux objectifs du grand plan numérique pour l’école annoncé en septembre dernier par le président de la République ?

Ce grand projet numérique va permettre de renouveler la manière dont les élèves apprennent, en s’appuyant sur des méthodes plus interactives, plus adaptées aux besoins des élèves, et en particulier de ceux qui rencontrent le plus de difficultés. Au-delà de cet apprentissage « par » le numérique, nous mettrons également l’accent sur l’apprentissage « du » numérique, qui devient de plus en plus indispensable. Cela inclut notamment l’apprentissage de la programmation informatique. Nous devons former les enfants aux compétences essentielles dans un monde toujours plus connecté. ‎L’équipement des établissements sera un préalable indispensable, de même que la formation des enseignants. Nous posons les premiers jalons de ce grand projet numérique au tout début de l’année 2015. Des collèges pionniers seront équipés en tablettes et ressources pédagogiques numériques dès la rentrée prochaine, pour une généralisation à la rentrée scolaire 2016.

 

Quels peuvent être les apports du numérique sur le plan pédagogique ?

Les apports du numériques sont nombreux, tant en classe que pour le travail individuel. Le numérique permet de tenir compte du rythme de chaque élève. En classe, il stimule la participation de tous, y compris de ceux qui restaient jusqu’alors en retrait. Dans certaines matières, comme les langues vivantes, ses apports sont particulièrement importants : avec une tablette numérique, les élèves peuvent s’enregistrer, s’écouter, et se corriger en direct. Ce travail peut se fait en interaction avec l’enseignant et avec les autres élèves et, pourquoi pas, avec des élèves de classes partenaires à l’étranger.

 

Le programme collèges connectés s’inscrit dans le grand plan numérique pour l’école, et doit toucher plus de 100 établissements en 2015. De quoi s’agit-il ?

72 collèges répartis sur tout le territoire ont été sélectionnés pour leur dynamique en matière de numérique ainsi que pour le partenariat établi entre l’établissement, l’académie et le Conseil général. Ces collèges bénéficient d’un accompagnement pédagogique et d’investissements spécifiques pour leur permettre d’aller plus loin encore dans l’intégration du numérique dans les enseignements et la vie scolaire. Ce sont de véritables précurseurs qui ont vocation à devenir des lieux « ressources », où seront incubés des projets locaux et nationaux. A la rentrée 2015, l’objectif est que 300 collèges préfigurent le grand projet numérique. Les « collèges connectés » en feront bien entendu partie.

 

Où en est-on du développement du très haut débit dans les écoles ?

Aujourd’hui, 16 000 écoles, collèges et lycées sur les 64 300 que l’on recense sur l’ensemble du territoire n’ont pas accès à un haut débit suffisant, ce qui les freine dans l’usage du numérique. Sans attendre le déploiement des réseaux d’initiative publique à très haut débit, nous avons souhaité que chaque école et établissement dispose d’une connexion internet de qualité. C’est la raison pour laquelle 5 millions d’euros ont été mobilisés dans le cadre du Plan France Très Haut Débit (programme des investissements d’avenir), et l’appel à projets « écoles connectées » a été lancé. 56 offres déposées par des opérateurs ont ainsi pu être labellisées. Enfin, à la rentrée 2014, près de 9000 écoles, collèges et lycées ont pu choisir l’une de ces offres et ainsi bénéficier d’une connexion de qualité.

Faire de la France le leader mondial de l'e-éducation

Pierre Louette, directeur général adjoint et secrétaire général du groupe Orange

Quel rôle Orange ambitionne-t-il de jouer dans le cadre du grand plan numérique pour l’école ?

Orange y a toute sa place. En effet, sa position d’acteur global lui permet d’intervenir sur l’ensemble de la chaîne fonctionnelle – réseaux fibrés, cloud pour l’hébergement des données, etc. C’est pour l’État une vraie garantie de maîtrise de la qualité et d’optimisation des moyens mis en œuvre. Par ailleurs, Orange est implanté sur tout le territoire, et peut ainsi intervenir sur les 7 000 établissements scolaires concernés en garantissant une homogénéité et une équité de traitement. Enfin, notre expérience dans la gestion des grands volumes est bien connue, que ce soit auprès des collectivités, du grand public ou du monde de l’entreprise. Toute cette gestion industrielle confère au plan proposé par Orange de solides atouts. En outre, il est tout à fait exportable dans les pays francophones, et peut faire de la France le leader mondial de la e-éducation en faisant émerger des « champions français » comme les groupes Éditis et Hachette, dont nous allons distribuer les contenus, et des start-ups innovantes, dont nous embarquons les produits dans nos offres.

 

Le plan prévoit l’équipement de centaines de milliers d’élèves en tablettes individuelles. Quel est l’avantage de ce support ?

L’enjeu est de faire de cette tablette un véritable outil pédagogique en milieu scolaire. Pour cela, elle sera dotée d’un ensemble d’applications et de contenus (manuels scolaires, etc.). Orange propose d’élaborer une configuration de référence et de la personnaliser en fonction des spécificités locales : intégration de connecteurs vers des tableaux numériques interactifs, paramètres réseaux, etc. La mise en configuration des tablettes sera réalisée dans nos centres de back office, et testée sur sites (au moins un collège par département). Comme toutes les ressources pédagogiques ne pourront pas être préinstallées, certaines seront hébergées en cloud, ainsi que des outils de travail.

 

Pour ces usages pédagogiques, il est nécessaire d’avoir de solides infrastructures. Sur quels réseaux s’appuie la proposition d’Orange ?

Les collèges seront raccordés au Très Haut Débit, à partir de la technologie la mieux adaptée à chaque cas : la fibre en priorité, mais aussi le VDSL, le satellite, voire ponctuellement la 4G. Les collèges seront également mis à niveau en termes d’infrastructures de réseaux locaux et de wifi, et l’ensemble sera sécurisé à l’aide de serveur de proxy, de pare-feu pour la protection contre les contenus adultes, d’anti-virus, etc. À cela s’ajouteront des clouds privés pour stocker et distribuer les ressources particulièrement volumineuses, telles que les manuels scolaires, des vidéos pédagogiques, des créations d’élèves, etc.

 

L’accompagnement au changement des établissements scolaires dans la mise en œuvre de la réforme sera un des enjeux forts du plan. Quelles sont les solutions préconisées ?

Orange facilitera l’usage des tablettes remises aux élèves et aux enseignants. Nos équipes locales d’intervention formeront ces derniers aux principales fonctionnalités et aux modalités d’utilisation. Des formations plus approfondies seront données aux enseignants référents numériques qui auront été désignés dans chaque établissement, dans la mesure où ils seront amenés à assurer un support sur site de premier niveau. En cas de difficultés, une hotline dédiée sera ouverte aux enseignants, aux élèves et à leurs parents.

Grands témoins

  • L’enseignement et la pédagogie s’enrichissent

    Françoise Moulin Civil, rectrice de l’académie de Lyon, chancelière des universités .

    Avec le développement du numérique, l’enseignement et la pédagogie s’enrichissent. Personnalisés, plus efficaces, les cours et les aides répondent mieux aux besoins des élèves. Les outils actuels de communication favorisent l’articulation entre la classe, les activités périscolaires et le travail à la maison. Ils facilitent aussi le rapprochement entre l’École et les familles. Autre enjeu majeur : permettre aux jeunes, futurs citoyens, de s’approprier avec discernement l’environnement numérique dans lequel ils vivent et qu’ils devront faire évoluer. Pour répondre à ces défis, l’académie consacre des moyens importants pour la formation des personnels, en liaison avec l’École supérieure du professorat et de l’éducation. Elle s’appuie aussi sur un partenariat fructueux avec les collectivités territoriales, dans le cadre de compétences partagées.

    Françoise Moulin Civil, rectrice de l’académie de Lyon, chancelière des universités .

    Avec le développement du numérique, l’enseignement et la pédagogie s’enrichissent. Personnalisés, plus efficaces, les cours et les aides répondent mieux aux besoins des élèves. Les outils actuels de communication favorisent l’articulation entre la classe, les activités périscolaires et le travail à la maison. Ils facilitent aussi le rapprochement entre l’École et les familles. Autre enjeu majeur : permettre aux jeunes, futurs citoyens, de s’approprier avec discernement l’environnement numérique dans lequel ils vivent et qu’ils devront faire évoluer. Pour répondre à ces défis, l’académie consacre des moyens importants pour la formation des personnels, en liaison avec l’École supérieure du professorat et de l’éducation. Elle s’appuie aussi sur un partenariat fructueux avec les collectivités territoriales, dans le cadre de compétences partagées.

  • Le numérique comme nouveau moyen d'apprentissage

    Paul Raoult, président de la FCPE.

    Le numérique à l’École pose des enjeux essentiels. Matériel tout d’abord, puisque si la volonté du gouvernement est affichée dans ce domaine, il ne faudra pas négliger l’aspect logistique et les infrastructures numériques qui devront suivre cette évolution. En termes de formation des enseignants ensuite, car elle sera la condition d’une utilisation cohérente de ces outils. Et tout naturellement en découle les questions pédagogiques. Le numérique est un outil formidable à la condition qu’il soit utilisé non comme un simple support mais bien comme un nouveau moyen d’apprentissage. Enfin, la question de la sécurisation des données des élèves doit être un impératif. Il s’agit là d’enjeux de société pour former les citoyens de demain.

    Paul Raoult, président de la FCPE.

    Le numérique à l’École pose des enjeux essentiels. Matériel tout d’abord, puisque si la volonté du gouvernement est affichée dans ce domaine, il ne faudra pas négliger l’aspect logistique et les infrastructures numériques qui devront suivre cette évolution. En termes de formation des enseignants ensuite, car elle sera la condition d’une utilisation cohérente de ces outils. Et tout naturellement en découle les questions pédagogiques. Le numérique est un outil formidable à la condition qu’il soit utilisé non comme un simple support mais bien comme un nouveau moyen d’apprentissage. Enfin, la question de la sécurisation des données des élèves doit être un impératif. Il s’agit là d’enjeux de société pour former les citoyens de demain.

  • Internet permet l'accès à de nouvelles ressources

    Agnès Parot , directrice d'école à Dijon.

    L’arrivée du numérique à l’école date maintenant de plusieurs années et tend à se développer. Internet permet évidemment l’accès à de nouvelles ressources mais aussi de participer à des rallyes en histoire, en maths, d’échanger avec d’autres classes… Son usage oblige à éduquer les élèves : respect de la propriété intellectuelle, recul nécessaire face à des quantités d’informations… J’ai la chance de travailler dans une école où chaque classe a une connexion Internet. En classe, le TNI (tableau numérique interactif) est un vrai plus pour l’enseignement. En anglais, en grammaire, en histoire… aller au tableau est devenu un plaisir pour les élèves. On peut remettre en ordre, souligner, agrandir, déplacer… Il faudrait un TNI par classe ! On en est encore loin. Le coût de l’équipement et de la maintenance sont un frein au développement de ces nouvelles façons d’apprendre.

    Agnès Parot , directrice d'école à Dijon.

    L’arrivée du numérique à l’école date maintenant de plusieurs années et tend à se développer. Internet permet évidemment l’accès à de nouvelles ressources mais aussi de participer à des rallyes en histoire, en maths, d’échanger avec d’autres classes… Son usage oblige à éduquer les élèves : respect de la propriété intellectuelle, recul nécessaire face à des quantités d’informations… J’ai la chance de travailler dans une école où chaque classe a une connexion Internet. En classe, le TNI (tableau numérique interactif) est un vrai plus pour l’enseignement. En anglais, en grammaire, en histoire… aller au tableau est devenu un plaisir pour les élèves. On peut remettre en ordre, souligner, agrandir, déplacer… Il faudrait un TNI par classe ! On en est encore loin. Le coût de l’équipement et de la maintenance sont un frein au développement de ces nouvelles façons d’apprendre.

Mis à jour le 17.07.2015

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