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Big Data, des données et des services ?

L’accroissement des données numériques produites par les acteurs publics, les entreprises et les particuliers, ouvre de nouvelles perspectives d’analyse, susceptibles d’améliorer les services publics et de créer des emplois. En matière de Big Data, la ville de Bordeaux est précurseur. Alain Juppé, son maire, nous livre son point de vue sur le phénomène du traitement des données, et sur les enjeux du numérique pour sa ville.

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Améliorer les services aux citoyens

Alain Juppé, maire de Bordeaux

Selon vous, le dynamisme numérique est-il synonyme de dynamisme économique ? Et comment un opérateur comme Orange peut-il accompagner les pouvoirs publics ?

Le développement de nos territoires passe par la croissance de nos entreprises, qui est étroitement liée à leur capacité à innover. Aujourd’hui, cette capacité repose largement sur le numérique. En effet, c’est par l’adoption des outils numérique que nos entreprises pourront se réinventer, conquérir de nouveaux marchés, optimiser leur mode de fonctionnement, réduire leurs coûts, créer de la valeur. L’innovation est à la fois une course de vitesse et de fond. Aucun secteur ne peut s’en exonérer.

C’est pourquoi je souhaite que Orange continue à encourager les startups, très nombreuses à Bordeaux, comme c’est déjà le cas dans le cadre de l’Orange Lab, qui bénéficie à plusieurs sociétés prometteuses. En tant qu’opérateur, Orange doit participer à l’effort conjoint visant à doter notre territoire de la meilleurs infrastructure : c’est un facteur d’attractivité important.

 

Bordeaux vise le million d’habitants. Quelles sont les actions menées par la municipalité pour permettre aux Bordelais d’être tous connectés, y compris dans les nouveaux quartiers ?

Bordeaux et sa métropole réussiront le pari de la croissance démographique à condition d’offrir la connectivité en tous lieux et à tous moments, notamment dans dans les nouveaux quartiers de projets. Il s’agit de rendre l’expérience de la ville plus fluide : informations en temps réel, accès à des services facilitant le quotidien, services de recommandations qui renforcent le lien social, meilleure lisibilité des offres culturelles sur internet, entre autres.

 

Votre ville est à l’initiative du Node, un espace de travail collaboratif ouvert aux acteurs du numérique. Quel bilan en tirez-vous ?

J’ai souhaité que la ville initie le mouvement du travail collaboratif en mettant à disposition un lieu situé dans l’hyper-centre, qui accueille des petites entreprise et des indépendants désireux d’établir des synergies. Quatre ans plus tard, le bilan est extrêmement positif : l’espace est rempli en permanence, et il a fait des émules. Sur Bordeaux, on trouve aujourd’hui 15 espaces de travail collaboratif financés par des initiatives privées, et le mouvement ne semble pas ralentir.

 

Les transports représentent l’une des principales préoccupations des Bordelais. Quelles solutions numériques envisagez-vous pour fluidifier le trafic et améliorer le stationnement ?

Les systèmes d’information et les réseaux intelligents doivent nous aider à mieux prédire les flux de circulation, et permettre aux citoyens de faire les meilleurs choix dans leurs déplacements, en fonction de l’état du trafic. Des applications très intéressantes anticipent l’encombrement et les horaires de pointe, et laissent entrevoir des possibilités jusqu’ici inimaginables. Un système d’information sur les transports doit s’intéresser aux usages, pour faciliter l’accès à toutes les solutions, y compris l’inter-modalité. De ce point de vue, la connaissance des flux de circulation par les opérateurs est un élément important. Nous aurons l’occasion d’en reparler lors du Congrès Mondial de Transport Intelligent ITS 2015, qui se déroulera à Bordeaux.

 

Quels sont les autres domaines dans lesquels le numérique change le quotidien des Bordelais ?

Je pourrais me livrer ici à un long inventaire, tant il est vrai qu’aucun secteur de l’action municipale n’échappe aujourd’hui à la révolution numérique, mais je me contenterais de quelques exemples.

En matière d’éducation, la ville a mis en place dans les écoles primaires un environnement numérique particulièrement performant, fondé sur les tableaux numériques interactifs. Les premiers retours montrent des résultats extrêmement encourageants, en particulier dans l’apprentissage des langues étrangères. C’est une voie très prometteuse.

Les bibliothèques bénéficient elles aussi des apports du numérique, dans le cadre d’un portail spécifique.

Du côté des services dématérialisés, Bordeaux pilote actuellement un programme partenarial autour des usages des nouveaux supports NFC.

Enfin, Pour lutter contre la fracture numérique, un bus de la Cité Digitale propose des formations aux pieds des immeubles.

 

La Ville de Bordeaux a-t-elle des projets en matière de Big Data et de traitement de ses données ?

La Ville de Bordeaux et la CUB pratiquent le traitement des données en grands volumes depuis longtemps, avant que le terme Big Data ne devienne populaire. Ceci a été rendu possible grâce aux systèmes d’information développés par la Ville et sa direction de l’innovation numérique et des systèmes d’information. À mes yeux, la donnée est un enjeu de gouvernance de la cité et de croissance économique : un nombre croissant d’entreprise travaillant avec la donnée se développe sur Bordeaux. Ce sera d’ailleurs le sujet phare de la Semaine Digitale de Bordeaux, du 14 au 19 octobre 2014.

Améliorer les services aux citoyens

Mari-Noëlle Jégo-Laveissière, directrice exécutive Innovation, Marketing et Technologies chez Orange.

Quels sont les enjeux pour Orange autour du Big Data ?

Le Big Data ouvre de vastes perspectives pour les collectivités locales et les PME, pour créer des emplois et de nouveaux services. Opérateur de confiance, Orange souhaite prendre une part active à l’innovation dans ce domaine, en y associant une exigence forte pour la protection des données personnelles de ses clients.

Le Big Data va nous permettre d’améliorer la qualité du service rendu aux particuliers. Par exemple, en cas d’orage, nous pourrons identifier les clients dont la livebox a été foudroyée et intervenir avant qu’ils ne s’en aperçoivent.

Nous proposons par ailleurs d’aider les collectivités à héberger, traiter et valoriser de gros volumes de données d’origines variées, et à accompagner leur démarche globale. Nous disposons pour cela des infrastructures et du savoir-faire nécessaires.

Nous ambitionnons enfin de proposer de nouveaux services à nos clients comme aux acteurs publics et privés à partir de certaines données anonymisées issues de nos réseaux mobiles.

Concrètement, ces jeux de données, croisés avec d’autres sources, peuvent contribuer à guider les politiques publiques et favoriser le développement socio-économique des territoires. Ainsi, en Côte d’Ivoire, les indicateurs mis à disposition de la communauté scientifique ont permis de modéliser l’envoi d’informations aux populations en cas d’épidémies ou l’allongement des lignes de bus à Abidjan.

 

Orange a lancé récemment sa première offre de mise à disposition de données anonymisées : Flux Vision. En quoi consiste-t-elle ?

Flux Vision permet notamment aux professionnels du tourisme et des transports d’adapter les services et infrastructures. Un tiers des Agences de Développement Touristique françaises ont déjà choisi cette solution Orange Business Services pour affiner leurs connaissances des flux touristiques dans leur département.

Orange s’appuie sur des expertises uniques mondialement reconnues qui permettent une interprétation très fine des données qui circulent dans ses réseaux. Ainsi, les acteurs du transport avec lesquels nous travaillons bénéficient d’indicateurs exclusifs, par exemple sur la fréquentation des trains.

 

Comment Orange garantit-il l’anonymat des données mises à disposition ?

La protection des données personnelles est un enjeu majeur de l’économie numérique du XXIe siècle et est au cœur de notre stratégie Big Data. Nous avons, par exemple, développé pour Flux Vision des procédés exclusifs d’anonymisation irréversible. Ils suppriment toute possibilité d’identifier les clients et transforment des millions de données par minute en indicateurs statistiques. Ces procédés ont bien entendu fait l’objet d’une validation par la CNIL.

Grands témoins

  • L'appli "mon réseau Orange"

    Phlippe Brun , directeur marketing marketing réseaux mobiles pour Orange .

    Le client peut aujourd’hui visualiser lui-même, et en temps réel, la qualité du réseau Orange (débit, couverture mobile) selon la technologie 4G, H+, 3G, 2G ou encore se rendre compte lui-même de l’état du réseau et partager ses informations sur les réseaux sociaux (Twitter ou Facebook par exemple). Cette possibilité est permise par la nouvelle application mobile collaborative d’Orange, qui exploite les capacités en temps réel du réseau et du big data. Cette application lancée en 2013 sur Android et Apple Store est la première de ce type pour un opérateur en France et vise à développer la relation de proximité avec les clients. Usager entre maintenant dans la boucle en donnant lui-même des informations sur la qualité du réseau

    Phlippe Brun , directeur marketing marketing réseaux mobiles pour Orange .

    Le client peut aujourd’hui visualiser lui-même, et en temps réel, la qualité du réseau Orange (débit, couverture mobile) selon la technologie 4G, H+, 3G, 2G ou encore se rendre compte lui-même de l’état du réseau et partager ses informations sur les réseaux sociaux (Twitter ou Facebook par exemple). Cette possibilité est permise par la nouvelle application mobile collaborative d’Orange, qui exploite les capacités en temps réel du réseau et du big data. Cette application lancée en 2013 sur Android et Apple Store est la première de ce type pour un opérateur en France et vise à développer la relation de proximité avec les clients. Usager entre maintenant dans la boucle en donnant lui-même des informations sur la qualité du réseau

  • Mieux connaître les touristes pour mieux les satisfaire

    Stéphane Villain, président de Charente-Maritime Tourisme et vice-président du conseil général de Charente-Maritime.

    Flux Vision est un outil révolutionnaire, que le département de la Charente-Maritime, deuxième département de France sur le plan touristique, a choisi d’exploiter pour mieux connaître ses visiteurs et ainsi les satisfaire davantage. En effet, Flux Vision permet d’observer avec précision les déplacements des touristes sur des durées plus ou moins longues, le temps qu’ils passent sur un événement, etc. La mesure de mobilité de la population d’une zone vers une autre vas nous aider à adapter nos infrastructures, revoir nos politiques tarifaires, ajuster nos politiques de communication, etc. La première mise en production Flux Vision tourisme a eu lieu à l’occasion du festival « Sites en scènes » à Chatelaillon-Plage les 28 et 29 juin 2014.

    Stéphane Villain, président de Charente-Maritime Tourisme et vice-président du conseil général de Charente-Maritime.

    Flux Vision est un outil révolutionnaire, que le département de la Charente-Maritime, deuxième département de France sur le plan touristique, a choisi d’exploiter pour mieux connaître ses visiteurs et ainsi les satisfaire davantage. En effet, Flux Vision permet d’observer avec précision les déplacements des touristes sur des durées plus ou moins longues, le temps qu’ils passent sur un événement, etc. La mesure de mobilité de la population d’une zone vers une autre vas nous aider à adapter nos infrastructures, revoir nos politiques tarifaires, ajuster nos politiques de communication, etc. La première mise en production Flux Vision tourisme a eu lieu à l’occasion du festival « Sites en scènes » à Chatelaillon-Plage les 28 et 29 juin 2014.

  • Big data : avançons sans préjugés !

    Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de la CNIL .

    Le big data va devenir un outil du pilotage des politiques locales et d’aide à la décision pour mieux servir les administrés. On entend trop souvent dire que protection des données et big data ne font pas bon ménage. Bien au contraire ! Le big data ne sera accepté par les administrés que si des garanties sont apportées sur le respect de la vie privée. Les collectivités territoriales qui veulent ouvrir la voie d’une innovation publique responsable et efficace trouveront dans la CNIL le partenaire de leurs projets.

    Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de la CNIL .

    Le big data va devenir un outil du pilotage des politiques locales et d’aide à la décision pour mieux servir les administrés. On entend trop souvent dire que protection des données et big data ne font pas bon ménage. Bien au contraire ! Le big data ne sera accepté par les administrés que si des garanties sont apportées sur le respect de la vie privée. Les collectivités territoriales qui veulent ouvrir la voie d’une innovation publique responsable et efficace trouveront dans la CNIL le partenaire de leurs projets.

Mis à jour le 17.07.2015

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