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L’innovation au service des territoires : l’interview de Jean Rottner

A l’occasion du Salon des Maires et des Collectivités Locales, Paroles d’élus rencontrait Jean Rottner, Maire de Mulhouse et référent du Groupe de travail Numérique de l’AMF. L’occasion de s’entretenir sur l’innovation au service des territoires

Nous sommes au Salon des Maires et des collectivités locales 2016 qui nous réserve cette année deux nouveautés : la présence d’un village numérique qui accueille des start-ups et la venue de deux géants du digital que sont Facebook et Microsoft. Quel est votre sentiment par rapport à ces nouveautés ?

 

Cela montre la dynamique positive qui est enclenchée en France. Notre pays devient au fur et à mesure des semaines et des mois une terre du numérique. Pour autant dans ce jeu entre les grands industriels et les start-ups, il faut défendre la place des collectivités. Bien sur ce sont les chefs d’entreprises, les créateurs et les start-ups qui dynamisent notre économie. Mais les collectivités ont aussi un rôle essentiel. Celui d’être là dans une fonction support pour connecter les initiatives et les fédérer au niveau de nos territoires. C’est aussi le rôle de l’AMF et des élus, chacun à sa place bien évidemment mais dans une complémentarité, à l’image de ce qui se passe au SMCL avec des grands groupes mondiaux et des start-ups que nous avons détectées, que nous sommes allés chercher et qui montent des expériences merveilleuses.

 

En tant que Maire, avez-vous suffisamment de relais pour repérer et aider les start-ups et les créateurs d’innovations au delà des éventuelles mises en relations avec des fonds privés ?

 

Oui, une ville ou une collectivité est un magnifique lieu d’expérimentation pour les start-ups. Plutôt que d’offrir un marché fantastique nous pouvons les aider en les invitant à venir sur nos territoires pour expérimenter, tester et corriger leurs solutions sur le terrain. Cela introduit une notion nouvelle pour les élus à savoir le droit à l’échec qui est quelque chose de difficile à accepter aujourd’hui encore en France. Les équipes qui entourent les élus veulent les protéger en évitant ces éventuels échecs or ce qui est important ce n’est pas de protéger l’élu mais d’expérimenter, d’aider ces entreprises et d’expliquer si besoin pourquoi parfois on a pu se tromper.

 

Quels sont les domaines dans lesquels les collectivités doivent le plus innover ou tout du moins être à l’écoute de ce qui se passe en matière de digital ?

 

Il n’y a pas de domaine particulier. Chaque collectivité a son histoire avec ses priorités. Pour certaines cela va être un territoire industriel à reconquérir. Pour d’autres ce sera un terrain rural à irriguer et à dynamiser. Je viens par exemple de quitter un maire qui a installé en plein Jura, le premier Fablab rural de France. Cela a créé toute une dynamique dans son petit village de 380 habitants dans lequel aujourd’hui sont produites des prothèses pour le CHU voisin. Grâce au numérique se créé donc un lien entre l’urbain et le rural.

 

On sent que vous êtes très impliqué sur ces questions. Qu’est ce que cette innovation change pour un maire comme vous ?

 

C’est cette innovation, cette manière différente de faire que je recherche. Pour cela il ne faut pas hésitez à aller voir ce qui se fait de mieux à l’étranger pour se confronter à de nouveaux systèmes, de nouveaux modes de pensée, parfois en avance sur nous, pour pouvoir les adapter à nos propres pratiques. Cela permet aussi de créer des liens de confiance avec d’autres villes, des organisations d’entrepreneurs et tout ceux qui sont intéressés par cette dynamique. Ensuite dans ma gestion quotidienne, j’oblige autant mes élus que mon administration à évoluer. Nous le faisons par exemple dans des cadres très particuliers comme le design public avec « la 27e région » une association très en avance sur ces sujets. Cette innovation sociale et managériale est indispensable aujourd’hui.

 

Est-ce que le numérique peut permettre de redistribuer réellement les cartes ?

 

Oui tout d’abord d’un point de vue économique. Il y a aujourd’hui des écosystèmes dynamiques autour du numérique comme celui de la French Tech ou sur ce salon. Petit à petit on évolue dans nos pratiques économiques avec la possibilité de relancer des territoires qui étaient à la peine jusqu’à présent.
Deuxièmement dans l’innovation sociale, on parle beaucoup d’innovation sociale et solidaire. Je crois que ces innovations sociales sont importantes car elles influent sur la manière d’enseigner, de former, de créer une économie de la culture. Cela change les pratiques et dans ce cadre ce sont surtout les usages qu’il faut mettre en avant.
Et dernier élément relatif lui à cette nouvelle forme de citoyenneté exprimée aujourd’hui par le besoin de participer, de co-construire, d’être à côté du politique. Pas forcément dans la responsabilité politique mais dans l’expression citoyenne grâce aux outils numériques qui permettent de s’exprimer comme on veut et quand on le veut. Il y a là une forme de construction nouvelle qui est en train de se créer.

 

Alors que l’on parle beaucoup de restrictions budgétaires pour les collectivités, pensez-vous que le numérique peut aider à l’optimisation des budgets ?

 

Le numérique peut en premier lieu aider à mieux faire comprendre les contraintes budgétaires d’un collectivité. Dans ma ville, j’ai par exemple ouvert une commission extra-municipale en charge des finances. Depuis deux ans, une trentaine de citoyens suit toute l’évolution du budget de la collectivité. Cela est possible parce que nous nous sommes mis, grâce au numérique, dans un nouvel état d’esprit, dans une configuration différente et transparente.

 

Le numérique induit aussi des économies dans le fonctionnement. Dans ma commune, j’ai numérisé le conseil municipal, la facturation, le courrier, les signatures électroniques. C’est sur le temps et grâce au numérique que petit à petit les frais de fonctionnement diminuent. Il faut donc expliquer à la fois aux agents et à la population qu’en investissant sur ces innovations aujourd’hui, nous gagnerons demain.

 

Le numérique, c’est aussi la ville de demain. On l’appelle « Ville intelligente », moi je préfère parler de « Ville des intelligences » car c’est à la fois de la technologie et de l’humain. Sur l’éclairage public ou la gestion des déchets, le numérique peut nous faire gagner à condition que nous soyons à la fois expérimentateurs, promoteurs, investisseurs et finalement accélérateur de ces innovations françaises pour les villes.

 

(Source : www.parolesdelus.com/jt/innovation-mai-2016)

 

Paroles d’Elus est un dispositif né en 2004 qui promeut les initiatives des élus relatives au numérique. Il rassemble 10 associations d’élus (AMF, AdCF, ADF, AMRF, AMGVF, ANEM, APVF, CNER, FedEPL, Villes de France) et Orange.

 

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